Parc éoliens de Housen-Pëtschent et Harel-Walter-Eeschpelt

, par Ekkehart Schmidt

D’ici à 2020, le Luxembourg s’est engagé à atteindre 11% d’énergies renouvelables dans sa consommation énergétique finale. Un objectif qui répond aux engagements pris dans le cadre des accords de Kyoto, mais qui se heurte encore à plusieurs défis.

Près de 20 ans après avoir ratifié les accords de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre, le Luxembourg peine encore à tenir ses engagements. Avec une réduction de 19% de ses émissions de CO2 par rapport à 1990, année de référence, le pays n’atteint pas encore son objectif de baisse, fixé à 28%.

Le retard accumulé dans le domaine environnemental se traduit également par des difficultés à atteindre les objectifs de hausse de production et de consommation d’énergies renouvelables. D’ici à 2020, 11% de cette dernière doit provenir de sites de production fonctionnant aussi bien à l’éolien qu’à l’hydraulique, au photovoltaïque qu’à la biomasse. Selon les derniers chiffres disponibles, le niveau de consommation n’atteint pas encore les 5%.

Pour tenter d’accélérer la transition, le gouvernement mise prioritairement sur la multiplication des sites de production sur le territoire national. Sur la vingtaine de sites déjà actifs ou projetés, l’éolien tire son épingle du jeu puisque représentant plus de 75% des volumes globaux.

La concrétisation des engagements luxembourgeois d’ici à quatre ans passe donc par une accélération des projets de production d’énergie verte. Trois d’entre eux ont été présentés le 13 avril au ministère de l’Économie. Représentant à eux seuls « un peu moins de 10% de l’objectif 2020 », ces derniers visent à aboutir à la fois à réduire les émissions de CO2 et à accroître l’offre verte, que ce soit par l’éolien ou la biomasse. Réalisés dans le cadre de partenariats public-privé pour un total de 131 millions d’euros, ces trois projets doivent entrer tour à tour en service entre la fin 2016 et le deuxième semestre 2017.

Avec actuellement, selon les derniers chiffres disponibles, 4,5% d’énergies renouvelables dans sa consommation énergétique finale, le pays fait figure de mauvais élève européen. Pour atteindre ses objectifs d’ici à 2020, de nouvelles structures ont été dévoilées mercredi.

Deux crédits de etika et la BCEE pour Soler S.A.

Rattraper le retard accumulé pour enlever l’étiquette de plus mauvais élève européen en matière de consommation d’énergie verte. Tel est l’objectif des trois projets présentés le 13 avril par Étienne Schneider, ministre de l’Économie. À eux seuls, ils doivent ainsi représenter « un peu moins de 10% de l’objectif 2020 » selon le ministre, un objectif luxembourgeois fixé à 11% d’énergie verte dans la consommation énergétique totale. Réalisés dans le cadre de partenariats public-privé, les projets concernent l’éolien et la biomasse, deux types d’énergies capables d’être produits directement au Grand-Duché.

Le premier projet dévoilé n’est autre que celui de la transformation de la centrale de cogénération du Kirchberg. Opérationnelle depuis 2001 avec une alimentation au gaz, l’unité carburera d’ici au deuxième semestre 2017 aux pellets. La société autrichienne Kronospan, implantée depuis 1994 à Sanem, a aussi fait le choix de la biomasse pour sa future unité de production. Spécialisée dans la réalisation de panneaux de fibres, l’entreprise mettra en service, à compter du deuxième semestre 2017, une structure fonctionnant au bois et capable de délivrer jusqu’à 8 MW d’électricité et 32 MW de chaleur via sa turbine à vapeur.

Le dernier projet présenté est sans nul doute le plus spectaculaire, puisque lié à l’éolien. La société Soler (Société Luxembourgeoise des Énergies Renouvelables S.A.), propriété à 50/50 entre Enovos et la Société électrique de l’Our, va ainsi déployer 15 nouvelles éoliennes, entre août et novembre 2016. Les implantations se feront sur les parcs éoliens existants de Hengischt, Rulljen-Géisdref et Housen-Pëtschent. À noter que les huit anciennes éoliennes du site d’Hengischt seront remplacées dans le courant de l’année par deux nouvelles, plus hautes et plus puissantes. Au total, l’investissement pour Soler s’élève à 73,8 millions d’euros, y inclus deux crédits d’investissement de la part de etika et la BCEE pour les parc éoliens de Housen-Pëtschent dans les communes Hosingen et Putscheid et Harel Walter Eeschpelt dans les communes Lac de la Haute Sûre et Winseler.

En novembre Soler S.A. avait fondé l’entreprise Wandpark Harel Walter Eeschpelt S.A. et Wandpark Housen-Pëtschent.

Dans le premier de ces parcs Soler va investir 22,2 millions d’euros. En mars 2016 etika et la BCEE ont accordé un premier crédit d’investissement à Soler de 2 millions d’euros (durée : 11 ans). Soler va construire cinq éoliens du type Enercron 92 avec une capacité de 11,8 MW (photo en haut). Ils ont une hauteur de 138 metres et des rotors d’un diamètre de 92 metres. C’est beaucoup plus haut que les éoliens actuels dans le pays.

Dans le deuxième parc Soler va investir 30,7 d’euros. En mars 2016 etika et la BCEE ont accordé un autre crédit d’investissement à Soler de 2 millions d’euros (durée : 11 ans). Soler va construire deux éoliens du type Enercron 92 avec une capacité de 11,8 MW et quatre éoliens du type Enercron 115 (photo en bas). Ils on une hauteur de 138 metres respective 135 et des rotors d’un diamètre de 115 respective 92 metres.

Au total, ce sont donc 131 millions d’euros d’investissements privés. La participation de l’État se retrouve « au travers des aides accordées pour les utilisateurs d’énergie verte et dans les participations dans les sociétés impliquées dans ces projets », a indiqué le ministère. Outre la hausse de la part d’énergie verte produite sur le territoire national les objectifs luxembourgeois d’ici à 2020 doivent également passer par la promotion des biocarburants et de l’électromobilité, mais aussi par des mécanismes de coopération avec d’autres pays.

Contact : Patrick Kieffer, Wandpark Housen-Pëtschent S.A., Siège social : 2, rue Pierre d‘Aspelt, L-1142 Luxembourg, Tel. : 28 27-1, Adresse postale : BP 37, L-2010 Luxembourg

Sources : Hennebert, Jean-Michel : 131 millions investis pour booster l’énergie verte, paperjam.lu, 13.04.2016 ; Hennebert, Jean-Michel : Une course contre la montre pour passer au vert, paperjam.lu, 17.04.2016 ; Van Dyck, Romain : "Nous pouvons atteindre nos objectifs", Le quotidien, 14.04.2016