Un soutien psychosocial aux réfugié-e-s palestinien-e-s

, par Ekkehart Schmidt















L’association „Comité pour une Paix juste au Proche Orient“ (CPJPO) s’investie dans la sensibilisation au conflit israélo-palestinien, notamment, et la défense des droits d’autodétermination du peuple palestinien. Il coopère tant avec des partenaires palestiniens qu’israéliens. Entre autre il soutient un projet de développement dans le camp de réfugiés de Jénine.

Jénine est une ville au nord de la Cisjordanie, devenu territoire occupé par Israel en 1967. En plein centre de cette ville il y a un camp de réfugiés palestiniens avec quelque 13.000 habitants, dont la plupart sont originaires de Haïfa, vivant sur 1km2. Plus de 50% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, 22% des enfants sont en état de dénutrition.

En 2002, pendant le soulèvement appelé „al-Aqsa Intifada“, l’armée israelienne bombardait dans une opération „Defensive Shield“ six villes palestiniennes, parmi eux Jénine, avec le but de détruire des infrastructures de „terrorists“ pour prévenir des attaques suicides et autres activités militants. Pendant la bataille de Jénine en avril 2002 le camp de réfugiés était partiellement détruit.

C‘est au lendemain que s‘est constituée l‘association de femmes „Not to Forget Women’s Society „ (NTF), devenue le partenaire du CPJPO en 2006. NTF a mis en place des programmes de soutien des femmes, des enfants et des adolescents, éléments parmi les plus vulnérables de cette population de réfugiés, soumise aux incursions armées israéliennes constantes. Les ateliers mis en place par NTF, avec l‘aide du Croissant rouge palestinien, ont pour but de resocialiser les enfants, de les renforcer dans leur construction psychique, dans leur confiance en soi et de favoriser un vivre ensemble pacifié. Des activités récréatives et des groupes de parole pour les mères complètent ces ateliers.

Confrontés à une violence endémique et banalisée, les enfants du camp de Jénine présentent presque tous des symptômes de stress post-traumatique avec des conséquences très néfastes pour leur développement et leur scolarité : dépressions, anxiété, faible estime de soi, décrochage scolaire ou comportements violents.

En août 2014 le CPJPO a introduit une demande de cofinancement d’un projet à Jénine auprès du Ministère des Affaires étrangères. Le projet consiste à donner un soutien psychosocial aux enfants vivant en situation de conflit armé dans le camp et renforcer les capacités du porteur de projet, NTF. Début 2018 le CPJPO a reçu l’accord du ministère et a commencé le projet en mars. Pour surmonter la phase jusqu’au 1er juin, quand on va recevoir les subsides du ministère d’une hauteur de 405.000 euros, le CPJPO a demandé et reçu de la BCEE et etika un premier crédit de pont de trois mois d’une hauteur de 50 000 euros.

Ce projet est innovateur dans le contexte qui est le sien : un camp de réfugiés confronté à la violence de l’occupation et aux conséquences bien connues sur les familles et les enfants, mais ayant choisi d’investir sur le long terme, l’éducation des enfants, ce qui est une vraie gageure quand on connaît les conditions de vie et de travail dans un camp de réfugiés où même le court terme est excessivement difficile. Il s’agit de la seule organisation du camp qui travaille de manière systématique, organisée, régulière et permanente depuis maintenant 16 ans et qui est devenue une référence pour les habitants et les autres organisations du camp.

La méthodologie mise en place est celle du soutien psychosocial du Croissant rouge palestinien, développée dans le cadre de la Fédération internationale des sociétés de la Croix rouge et du Croissant rouge. Les activités consistent dans la formation des éducateurs et des bénévoles au soutien psychosocial des enfants par le Croissant rouge palestinien. Il y a des ateliers de soutien pour les enfants de 12-14 ans, un soutien scolaire, des activités récréatives et l’offre d’un repas équilibré préparé collectivement dans la cuisine de NTF. Les membres de l‘association reçoivent une formation à la gestion d’associations. Les locaux vont aussi être équipés. Avec ce programme on espère de donner un appui à un nouvel équilibre psychosocial de 600 enfants et 300 mamans du camp.

En juillet 2018 le CPJPO a reçu le prix etika pour ce projet (lire plus ici).

En novembre le CPJPO a demandé un deuxième crédit de pont pour une durée de 4 mois à l’hauteur de 45 000 euros pour donner un appui à un nouvel équilibre psychosocial de 600 enfants et de 300 mamans du camp.

Voir un film sur le projet ici :

Contact : CPJPO, Nathalie Oberweis, 55. Avenue de la Liberté, L-1931 Luxembourg, Tél. : 691 819 306, contact@paixjuste.lu, www.paixjuste.lu

Article du 28 juin 2018, actualisé le 14 novembre 2018