Les paniers de Sandrine

, par Stéphanie Majerus














„Je suis très satisfaite du fait de pratiquer la vente directe ici à la ferme. Cela m’apporte énormément. J’aime le contact direct avec les gens, de pouvoir les conseiller et de leur faire découvrir d’autres saveurs. Et surtout cela me permet de décider quels légumes et fruits je vais installer au jardin chaque année », explique la maraichère Sandrine Pingeon de Munsbach. Produire indépendamment et mieux conseiller n’ont cependant pas les seuls avantages. « Personne ne me dicte mes prix – car je ne travaille pas pour un grossiste ou la grande distribution. De plus, je peux informer mes clients des difficultés que je rencontre pour assurer une production de qualité », précise Sandrine. La distribution par des circuits courts se révèle de plus comme un choix très écologique : elle économise de l’essence et des emballages. Aujourd’hui l’entreprise les paniers de Sandrine cultive plus de 60 sortes de légumes, herbes et fleurs ainsi que 3 sortes de fruits.

Environ 160 ménages sont abonnés à un panier de fruits et légumes, les clients viennent les récupérer dans le magasin de la ferme chaque semaine ou sur le dépôt de Cessange.

La récolte qui n’est pas distribuée par ce système d’abonnement est aussi vendue dans le magasin de la ferme – à côté d’autres produits locaux et de saison. Cependant cela n’a pas que des avantages. « En été par exemple le nombre d’abonnements diminue de moitié en raison des vacances. Cela nécessite de trouver des solutions. Pour cela nous avons cette année choisi de faire une porte ouverte en juin. Ainsi nous avons eu plus de visites dans le shop en juin. Nous avons aussi appris chaque année à mieux préparer notre plan de culture en tenant compte de cette baisse de paniers.

Les gens qui passent au magasin sont tous différents : « Ce sont des habitants des villages voisins, des expatriés, des personnes qui travaillent pour la place financière ou des ingénieurs, bien sûr il y a les amateurs du bio et quelques restaurateurs . De plus notre clientèle a une tranche d’âge très vaste, entre 20 et 85 ans », décrit Sandrine. Cependant Sandrine ne fait presque pas de publicité pour son entreprise. Elle compte sur le bouche à oreille. « Je souhaite que mon entreprise reste petite, sinon je risque de perdre l’atmosphère conviviale qu’on vit ici quotidiennement », telle est son explication contre de la publicité ciblée.

Aujourd’hui l’équipe de Sandrine se constitue d’elle-même, d’ une personne à plein temps , trois à un temps-partiel ainsi que un ou deux saisonniers. La famille a aussi une place importante dans ce projet, « ma belle mère me donne un coup de main chaque mardi et vendredi pour les ventes à la ferme et mon conjoint et beau-père participent en cas de besoins et selon leurs disponibilités », explique la jeune chef d’entreprise et mère de deux enfants.

Il y 18 ans elle fait connaissance de son conjoint. A cette époque, ce n’était pas du tout clair pour Sandrine, qu’elle allait un jour être maraichère. Après avoir fini son diplôme comme jardinière paysagiste à Fayl Billot en Haute Marne, elle est venue rejoindre son conjoint, puis a travaillé d’abord comme vendeuse dans une boulangerie. Ensuite, elle se réoriente de nouveau pour entrer dans un secteur plus proche de son apprentissage. C’est pour un poste chez Co-Labor qu’elle se décide. Elle prend le poste de chef d’équipe et travaille dans les jardins des particuliers pendant 8 ans. Puis s’occupe du Grenge Kuerf de Co-Labor, le panier de légumes pour les abonnés.

Après quelques années de réflexions elle décide avec l’encouragement de son conjoint de cultiver presque 4ha en Bio sur la ferme de son conjoint. En mars 2012 les premières graines furent semées et la première vente à la ferme avait lieu en juillet. En mai 2012 elle a reçu de la part de etika et la BCEE un prêt de 55.000 euros pour l’achat d’équipements (durée de 5 ans). Un deuxième prêt de 50.000 euros a été octroyé en avril 2013 (durée de 5 ans).

Il s’ajoute à ceci une ligne de crédit de 5.000 euros octroyée en septembre 2014 pour une durée indéterminée.

Travailler comme maraichère n’est – en général - pas facile et n’est surement pas rentable dès la première cueillette. « Ceux qui travaillant dans le secteur de l’agriculture sont dépendants de beaucoup de variables, entre autre de la météo, du temps de production relativement long (environ 6 mois pour une grosse partie des légumes) et des coûts de personnel élevés surtout en maraichage biologique » dit Sandrine.

A côté de ces difficultés, il n’est pas facile de trouver du terrain pour les nouveaux entrants, car les terres agricoles sont pour la plupart victimes de spéculation. De plus il y a peu de conseillers dans le domaine du maraichage qui peuvent donner des conseils spécifiques pour les différentes régions. Et finalement des pays voisins comme l’Allemagne et les Pays-Bas exercent une pression sur les prix. Comme dans ces pays le secteur bio est bien établi, ils peuvent produire pour des coûts marginaux beaucoup plus bas.

Sandrine s’est fixé 5 ans au départ pour mettre à bien son projet et quelques activités vont surement venir le compléter encore dans les deux prochaines années. Convivialité et simplicité resteront à l’honneur…

On a visité Sandrine le 24 juillet lors d’une vélotour (plus d’infos ici en allemand).

Voir ici unfilm sur paperjam.lu ou Sandrine parle de son engagement.

Les paniers de Sandrine
266, rue principale
5366 Münsbach, Luxembourg
Tel : (+352) 691 300 901

Article du 6 novembre 2015, dernière actualisation le 17 mai 2017